Zone de Texte: Bulletin 120/2/6

Cette année, la France a créé le prix Simone Veil en hommage à cette femme politique française célèbre décédée en 2017. Elle était admirée de tous pour ses luttes en faveur des femmes et pour les lois qu'elle fit voter lorsqu'elle occupait un poste ministériel dans les années 1970, dont notamment la loi relative à l'interruption volontaire de grossesse.

 

Ce 8 mars 2019, le président de la République Française, Emmanuel Macron, a remis le prix Simone Weil à

Aïssa Doumara Ngatansou, une camerounaise qui se trouve à la tête d'une association pour aider les femmes victimes de viols et de mariages forcés dans son pays.

 

En cette Journée Internationale de la Femme, la France a octroyé pour la première fois ce prix qui a été créé pour récompenser les actions entreprises pour aider les femmes dans n'importe quel pays de la planète.

Lors de la remise du prix au Palais de l'Elysée, le président a déclaré que "beaucoup de femmes sont aux premières lignes dans ce combat, mais c'est la société toute entière qui devrait se mobiliser derrière elles, y compris les hommes".

E. Macron a précisé que, cette année, lorsque la France occupera la présidence tournante du G.7, elle lancera, au niveau international, des initiatives en faveur des femmes sur des sujets concrets comme, par exemple, l'éducation des jeunes filles.

Le pays, a-t-il ajouté, destinera une somme de 120 millions d'euros afin de  soutenir les actions gouvernementales pour promouvoir l'égalité des genres dans le monde entier, et, en particulier, dans les pays du Sud.

Le président a aussi tenu à rendre hommage à la lauréate du prix qui, "a donné 20 ans de sa vie pour travailler en silence à améliorer le sort des femmes en luttant contre le poids des anciennes pratiques et croyances. C'est un exemple de courage qui mérite d'être salué".


Devant un grand portrait en noir et blanc de Simone Weil et sous les yeux des fils de l’ancienne ministre, Aissa Doumara s’avance pour recevoir son prix, qu’elle dédie  «  à toutes les femmes victimes de violences et de mariages forcés, à toutes les victimes de Boko  Haram ». Ce prix vient ainsi récompenser l’engagement d’une femme qui se bat jour et nuit pour le respect des droits de femmes. Sachant que l’association  a d’énormes victoires à son actif, la lauréate du prix Simone Weil,  Aissa Doumara pense qu’il reste tant à faire. « Presque toutes les trois secondes, une petite fille est  mariée de force dans le monde. » Alors Aissa Doumara profite de la tribune qui lui est offerte pour faire passer plusieurs messages, notamment aux chefs d’Etat du monde entier. « Les gouvernements devraient être davantage courageux et prendre des décisions politiques qui puissent obliger les gens à abandonner les pratiques néfastes. Il faut que les gouvernements soient beaucoup plus engagés pour mettre en œuvre des lois spécifiques, détaillées, pour pouvoir réprimer les violences faites aux femmes et aux filles. Et que les décisions de justice puissent réellement être appliquées. »

 

La lauréate demande aussi que l’accent soit mis sur la prévention et l’éducation. Cette mère de trois enfants, elle-même victime d’un mariage forcé, a ainsi insisté pour que sa fille aînée fasse des études. « Je l’avais mise à l’école alors qu’elle n’avait que deux ans et à 15 ans elle est rentrée à l’université. Ça faisait ma fierté. Parce que plus une fille est instruite, moins elle risque un mariage forcé, et elle connaîtra ses droits et elle aura la possibilité de faire des choix. »

 

Mme Doumara estime qu’il faut aussi davantage de moyens. Sur ce point, elle a été entendue par Emmanuel Macron, qui a annoncé la création d’un fonds doté de 120 millions d’euros pour lutter contre les violences faites aux femmes dans le monde entier. Le président s’est aussi prononcé pour la mise en place d’une banque pour l’entreprenariat féminin en Afrique. Aissa Doumara, elle, va profiter des 100 000 euros du prix pour ouvrir un centre d’accueil pour les femmes.

Le prix Simone Weil 2019