Emigrants , Charles Aznavour

Comment crois-tu qu'ils sont venus, ils sont venus ?
Les poches vides et les mains nues pour travailler à tour de bras
Et défricher un sol ingrat.

Comment crois-tu qu'ils sont restés, ils sont restés ?
En trimant comme des damnés sans avoir à lever les yeux
Pour se sentir tout près de Dieu.

Ils ont vois-tu, pleins de ferveur et de vertu
Bâti un temple à temps perdu.

Comment crois-tu qu'ils ont tenu, ils ont tenu ?
En étant croyants et têtus, déterminés pour leurs enfants
À faire un monde différent, les émigrants.

Comment crois-tu qu'ils ont mangé, ils ont mangé ?
Cette sacré vache enragée qui vous achève ou vous rend fort
Soit qu'on en crève ou qu'on s'en sort.

Comment crois-tu qu'ils ont aimé, ils ont aimé ?
En bénissant leur premier né en qui se mélangeait leurs sangs
Leurs traditions et leurs accents.

Ils ont bientôt créé un univers nouveau
Sans holocauste et sans ghetto.

Comment crois-tu qu'ils ont gagné, ils ont gagné ?
Quand il a fallu désigner des hommes qui avaient du cran
Ils étaient tous au premier rang, les émigrants.

Comment crois-tu qu'ils ont souffert, ils ont souffert ?
Certains en décrivant l'enfer avec la plume ou le pinceau
Ça nous a valu Picasso.

Comment crois-tu qu'ils ont lutté, ils ont lutté ?
En ayant l'amour du métier jusqu'à y sacrifier leur vie
Rappelez-vous Marie Curie.

Avec leurs mains ils ont travaillé pour demain
Servant d'exemple au genre humain.

 

Comment crois-tu qu'ils ont fini?
Ils ont fini, laissant un peu de leur génie

dans ce que l'homme a de tout temps
Fait de plus beau, fait de plus grand, les émigrants.

Paroles de Jacques Plante et Charles Aznavour 

Musique Charles Aznavour

https://www.youtube.com/watch?v=pT4bCVQtYFs  

Zone de Texte: Bulletin 119/4/12