Zone de Texte: Bulletin 114/6/9
Zone de Texte: Née à Vroncourt-la-côte en Haute-Marne, en 1830 (sa mère est domestique dans un château, son père « inconnu » est classiquement le fils du châtelain); elle décède à Marseille en 1905 ; c’est Séverine, libertaire et féministe qui prononcera son éloge funèbre.

Révolutionnaire, anarchiste, franc-maçonne (de la grande loge symbolique écossaise mixte), féministe.
Institutrice dans la Haute-Marne, puis à Paris en 1856, elle milite dans l’opposition républicaine pendant le Second Empire. Elle correspond, sous un pseudonyme, avec Victor Hugo, fait la connaissance de Jules Valles, Eugène Varlin, Auguste Blanqui.  Elle adhère vers 1866 à la première Internationale dont les figures marquantes sont Marx, Bakounine, Mazzini, … Camélinat (qui a sa rue à Gennevilliers) .

Elle participe activement à la Commune de Paris, où elle fait même le « coup de feu ». Rencontre Clémenceau, alors maire du 18° arrondissement. Ils resteront en relation épistolaire pendant la déportation de Louise. Emprisonnée au camp de Satory, puis à l’abbaye d’Hauterive, condamnée, déportée à Nouméa en 1873 ; elle se lie à la population canaque et aux Kabyles déportés après leur insurrection.

Les prisonniers servent de main d’œuvre pour les plantations et les mines de nickel. Le bagne, dans l’île principale ainsi que l’île des Pins, a duré de1864 à 1896. Parmi les prisonniers, elle côtoie le journaliste Henri Rochefort, et Nathalie Lemel, autre anarchiste. Elle gardera son amitié pour Rochefort, bien que celui-ci soit antidreyfusard. Elle milite pour l’adoption du drapeau noir, symbole de l’anarchisme.

Amnistiée en 1880, la « bonne Louise » ne cessa de lutter pour la libération des « damnés de la terre ». Emprisonnée pour incitation au pillage, amnistiée, emprisonnée de nouveau après un discours en faveur des mineurs de Decazeville, elle bénéficie d’une réduction de peine, puis part en exil volontaire à Londres…
Se prononce contre la peine de mort en 1887 ; l’année suivante est victime d’un attentat et gardera jusqu’à sa mort une balle dans la tête… donc pendant 17 ans !

Pendant les dix dernières années de sa vie, Louise Michel, devenue une grande figure révolutionnaire et anarchiste, multiplie les conférences, accompagnées d'actions militantes et ce malgré sa fatigue ; en alternance, elle effectue des séjours à Londres. En 1895, elle fonde le journal Le Libertaire (avec Sébastien Faure). 
En 1896, elle assiste à Londres au congrès international socialiste des travailleurs et des chambres syndicales ouvrières. Quelques mois avant sa mort, d'octobre à décembre 1904, Louise Michel se rend en Algérie avec Ernest Girault pour une tournée de conférences.








Elle a laissé une œuvre littéraire importante (discours, poèmes, romans, la Commune, histoire et souvenirs.)
Quelques citations
« Si l'égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine ».
« La question des femmes est, surtout à l’heure actuelle, inséparable de la question de l’humanité. »
 « Les femmes, surtout, sont le bétail humain qu’on écrase et qu’on vend ». 
« Notre place dans l’humanité ne doit pas être mendiée, mais prise. »
Sa tombe se trouve au cimetière de Levallois ; une station de métro lui est dédiée dans cette commune.

													Claude Naudet
Biographie de Louise MICHEL.